Violences sexuelles – Les pédophiles pas assez dénoncés au Luxembourg?

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Violences sexuellesLes pédophiles pas assez dénoncés au Luxembourg?

LUXEMBOURG - De trop nombreux viols et agressions sexuelles ne donnent lieu à aucune condamnation, y compris lorsque des mineurs sont victimes. Le Luxembourg va durcir la loi.

Le Luxembourg va légiférer concernant les atteintes sexuelles sur mineurs.

Le Luxembourg va légiférer concernant les atteintes sexuelles sur mineurs.

Les chiffres sont édifiants. D'après une étude de l'université de Lille, 64% des étudiants interrogés disent avoir été victimes de violences sexuelles depuis l'âge de 15 ans (78% de femmes, 27% d'hommes). En Belgique, 90% des victimes d’agressions ne dénonceraient pas les faits et seuls 10% des plaintes aboutiraient à une condamnation, rappelle en préambule d'une question parlementaire le député socialiste Mars Di Bartolomeo.

En résulte une interrogation, le Luxembourg est-il autant concerné que ses voisins? Dans sa réponse transmise mercredi, la ministre de la Justice Sam Tanson reconnaît l'existence «d'un chiffre noir relativement important» et de ce fait une minoration des dénonciations de violences sexuelles. «Il est nécessaire de continuer à sensibiliser le public [...], de poursuivre nos efforts en vue d’une prévention efficace et d’une information à l’attention de la victime concernant ses droits», estime-t-elle.

Des affaires «complexes»

À titre d’illustration, 105 affaires de viols sur majeurs ont été ouvertes en 2020. Mais seules 7 condamnations avec inscription au casier judiciaire ont été prononcées la même année, en plus de deux acquittements. L'écart est également important concernant les viols sur mineurs avec 36 affaires ouvertes pour 6 condamnations, une suspension du prononcé et 2 acquittements. Une différence qui peut s'expliquer par des délais de prescription mais également par «un décalage temporel» entre l'ouverture de l'enquête et le procès. Des affaires parfois «complexes», dont certaines sont classées sans suite par «manque de preuves» ou encore de «déficit d'éléments constitutifs de l'infraction».

Une somme d'obstacles que le Luxembourg tente d'affronter avec notamment l'adoption en Conseil de gouvernement, ce mercredi, d'un projet de loi renforçant les moyens de lutte contre les abus sexuels et l'exploitation sexuelle des mineurs. La future loi permettra de «faciliter la dénonciation de ces abus et violences», alors que les délais de prescription seront rallongés. Enfin le gouvernement rappelle que «toutes les victimes de violences, y compris sexuelles, peuvent être prises
en charge par les nombreux services d’assistance existant au Luxembourg en la matière».

(th/L'essentiel)

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