Condamnés en fuite – Les pilotes d'«Air cocaïne» ont été aidés par des amis

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Condamnés en fuiteLes pilotes d'«Air cocaïne» ont été aidés par des amis

Les deux pilotes français, condamnés à 20 ans de prison en République dominicaine pour trafic de cocaïne, ont transité par Saint-Martin et la Martinique.

C'est un rebondissement spectaculaire, digne d'un film d'espionnage. Pascal Fauret et Bruno Odos, condamnés en août dernier à 20 ans de prison pour trafic de drogue, sont parvenus à fuir la République Dominicaine pour rentrer en France. Les deux pilotes qui n'étaient pas en prison, mais assignés à résidence, auraient été exfiltrés par une équipe d'amis, des anciens de «l'Aéronavale» comme eux.

«Mes deux clients sont en regroupement familial dans la région lyonnaise et autour, ça ne veut pas forcément dire qu'ils sont à leur domicile familial», a expliqué Jean Reinhart, l'avocat français de Pascal Fauret et Bruno Odos, précisant qu'il avait demandé à ce qu'ils «puissent être entendus rapidement» par la juge d'instruction chargée de l'enquête française à Marseille. «Ils ont quitté le territoire d'un pays dont la justice n'existe pas. Ils ne cherchent pas à fuir la justice», avait insisté dès lundi Me Reinhart.

15 mois de détention provisoire

Selon une source proche du dossier, les deux hommes, d'anciens militaires selon leur avocat ont quitté la République dominicaine par bateau pour rejoindre Saint-Martin, une île franco-néerlandaise. Ils ont ensuite pris un avion vers la Martinique, une île française, avant de prendre un autre avion vers la métropole. L'avocat n'a lui pas voulu entrer dans les détails de cette fuite rocambolesque. Avec eux, deux autres Français avaient été condamnés le 14 août à la même peine par le tribunal de Saint-Domingue, le passager Nicolas Pisapia et l'apporteur d'affaires Alain Castany, restés en République Dominicaine, ainsi que quatre Dominicains qui ont, eux, écopé de cinq à dix ans de prison.

Les quatre Français, qui ont clamé leur innocence au procès de cette affaire baptisée «Air Cocaïne» et ont effectué 15 mois de détention provisoire dans un quartier de haute sécurité, avaient comparu libres à leur procès. Ils avaient ensuite été remis en liberté dans l'attente de l'examen de leur appel, mais avaient interdiction de quitter la République dominicaine. Le procureur général de Saint-Domingue a indiqué lundi qu'une déclaration sur cette affaire sera faite mardi. L'avocate à Saint-Domingue des deux pilotes, Maria Elena Gratereaux, a déclaré ne pas avoir été au courant du départ des deux pilotes français. L'affaire remonte à la nuit du 19 au 20 mars 2013, quand la police dominicaine avait intercepté sur le tarmac de l'aéroport de Punta Cana un Falcon 50 avec 26 valises contenant 680 kilos de cocaïne.

(L'essentiel/AFP)

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