Racket au LuxembourgLes racketteurs sont désormais sur la Toile
LUXEMBOURG – Le racket augmente de plus en plus au Luxembourg et a pris de nouvelles formes. Police et maisons des jeunes cherchent à sensibiliser ados et parents.

Les enfants ont peur d'en parler.
DPALe schéma est simple et presque toujours le même: un ou plusieurs jeunes font pression sur un de leur camarade de classe pour obtenir téléphones, argent liquide ou vêtements. Le racket est souvent minimisé par les jeunes qui parlent de juste «taxer» les autres. C’est tout sauf un délit mineur mais plutôt une infraction grave. Les racketteurs adultes peuvent s’attendre à de longues peines de prison en cas de violence avérée.
«Le nombre de rackets augmente doucement mais sûrement», déplore Jérôme Alesch, du service sensibilisation de la police grand-ducale. Il n’existe aucune statistique publique sur le sujet pour des raisons de protection de la jeunesse. «Nous constatons toutefois que le problème prend de l’ampleur». Et il faut compter toutes les fois où les victimes restent silencieuses par crainte d’être à nouveau harcelées ou maltraitées.
«Souvent ce sont des jeunes très gâtés»
Le phénomène se répand dans toutes les couches de la société et contrairement aux idées reçues, le racket ne touche pas plus les couches défavorisées de la société. «Ce cliché ne tient pas», confirme Jérôme Alesch. «Souvent ce sont des jeunes très gâtés à la maison qui sont impliqués dans des histoires de racket».
Cette évolution inquiétante est également constatée par Eric Hubert, directeur de la maison des jeunes de Gasperich. «Tous les 2/3 ans, nous avons un cas de racket ici. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de mettre en place, avec la police, des ateliers pour sensibiliser au problème à la fois les jeunes et leurs parents». Eric Hubert donne toujours le même conseil aux victimes: «En cas de chantage ou d’agressions physiques, il faut directement porter plainte auprès de la police».
«Sur la Toile, ils se sentent plus en sécurité»
Avec l’avènement des nouvelles technologies, un autre front s’est ouvert: le racket ne s’effectue plus seulement dans la rue mais également sur la Toile. «Nous avons récemment eu le cas d’un garçon qui a racketté un camarade de classe sur Facebook en le menaçant de le ridiculiser sur le Net», raconte Eric Hubert. «Nous avons convoqué ses parents et l’avons confronté à ses menaces, il a vite craqué».
Un nouveau phénomène que Jérôme Alesch connaît bien. «Il y a maintenant même des groupes d’intimidation qui s’acharnent contre une seule personne. Sur la Toile, ils se sentent plus en sécurité que dans le monde réel. Et pour nous, il est plus difficile, techniquement, d’identifier les harceleurs». Lors des ateliers qu’il organise, il conseille toujours aux victimes de ne pas se laisser intimider et de le signaler, même s’ils ne sont que témoins de ce harcèlement. «Pour confondre l’agresseur, c’est important que nous agissions le plus rapidement possible».
(mth/L'essentiel Online)
Presqu'un élève sur dix concerné
L'initiative Bee Secure sensibilise les jeunes au problème du cyber-harcèlement et propose des conseils aux victimes sur son site Internet. Selon une étude, en 2010, de 8 à 10% des élèves de 12 à 24 ans ont déjà été victimes de cyber-harcèlement.