Attentats du 11 septembreLes théories du complot ont la vie dure
Dix ans plus tard, bon nombre d'Américains continuent à croire dur comme fer aux multiples théories du complot entourant les attentats de 2001.

Au mépris d'innombrables enquêtes officielles, indépendantes ou journalistiques et bien souvent du simple bon sens, ces théories veulent que des agents américains voire israéliens aient disposé à l'avance des explosifs dans les tours du World Trade Center et au Pentagone, avant que ne frappent les avions du commando islamiste. D'autres suggèrent que même si l'administration de George W. Bush n'a pas ordonné la mort de ses propres citoyens, elle n'a rien fait pour empêcher les attentats alors qu'elle savait tout de leur préparation. Objectif: déclencher des guerres et réprimer les libertés publiques aux États-Unis.
Ces différentes théories ont leurs adeptes: en 2006, un sondage Scripps Howard révélait que 36% des Américains croyaient à un complot organisé au sommet de l'État fédéral. Elles font florès dans le monde musulman et ailleurs, notamment en France, où «L'Effroyable imposture», un livre de Thierry Meyssan, publié peu après les attentats, s'est vendu à 200 000 exemplaires.
«Wall Street savait»
«Loose Change» un documentaire indépendant, a été vu 125 millions de fois sur Google et 30 millions sur YouTube, selon son réalisateur Dylan Avery. Ce film résume les différentes théories qui vont à l'encontre de la version officielle des faits:
Les tours jumelles de New York n'ont pu s'effondrer du seul impact d'un avion de ligne.
L'évolution de Wall Street avant les attentats montre que certains courtiers avaient été avertis.
C'est un missile de l'armée américaine, pas un avion, qui s'est abattu sur le Pentagone.
Le vol 93 d'United Airlines ne s'est pas écrasé en Pennsylvanie, il a été abattu en vol.
De multiples associations d'universitaires, d'architectes ou d'ingénieurs «pour la vérité sur le 11-Septembre» se considèrent comme d'authentiques groupements de chercheurs cherchant à démonter la plus grande manipulation de l'histoire américaine. Pour eux, les vrais cinglés sont ceux qui croient à la version officielle, comme le dit David Ray Griffin, auteur de «The New Pearl Harbor». «Si l'on considère qu'un miracle est une violation des principes scientifiques, en particulier de la physique et de la chimie, alors une dizaine de miracles au moins se sont produits si l'on croit la thèse officielle», a-t-il déclaré sur la radio californienne KPFA.
La faute aux mensonges de Bush
De l'assassinat de Kennedy aux doutes sur la nationalité de Barack Obama, les théories du complot ont une longue histoire aux États-Unis. Leurs adeptes restent une minorité et sont la cible d'anti-conspirationnistes sur des sites comme www.debunking911.com. Mais l'historienne Kathy Olmsted, de l'Université de California Davis, comprend que certains de ses compatriotes doutent de la version officielle, au vu des propres théories du complot avancées par l'administration Bush sur les liens entre Saddam Hussein et Ben Laden et sur les armes détenues par l'ancien président irakien.
«L'administration Bush a joué avec les faits pour ne pas dire qu'elle a menti effrontément pendant la guerre en Irak. Alors les gens se demandent qui dit la vérité sur le 11-Septembre», observe Mme Olmsted. Pour Rich Hanley, de l'Université Quinnipiac dans le Connecticut, le succès des théories du complot s'explique aussi par le traumatisme de l'opinion américaine. Dix ans plus tard, beaucoup de gens ont toujours «du mal à comprendre comment 19 pirates de l'air armés de cutters ont pu infliger un choc aussi énorme».
(L'essentiel Online/AFP)