Conflit en LibyeMisrata est sous forte pression
Alors que la France refuse de parler d'enlisement, le régime libyen de Kadhafi continue à assiéger Misrata.

Le régime libyen a proposé, mercredi, une prolongation de l'ultimatum fixé aux rebelles de Misrata pour se rendre, plus de six semaines après le début de l'intervention internationale en Libye. À Misrata, troisième ville du pays assiégée depuis des semaines et théâtre d'âpres combats entre pro et anti-Kadhafi, au moins cinq personnes sont mortes, mercredi, dans un bombardement visant le port, selon un porte-parole de la rébellion à Benghazi (est).
Un bateau affrété par l'Organisation internationale pour les migrations (OMI) avait pourtant accosté au port de Misrata pour décharger de l'aide humanitaire et embarquer un millier de réfugiés bloqués dans la ville, après être resté bloqué quatre jours en mer en raison des menaces pesant sur le port. Dans la ville, cernée par les chars des forces loyales au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, la pénurie de produits de première nécessité s'aggrave. Après une journée marquée par un lourd climat d'inquiétude, le régime a annoncé, à l'expiration à minuit d'un ultimatum fixé vendredi aux rebelles de Misrata pour qu'ils se rendent, un ultimatum prolongé finalement «d'un ou deux jours».
Dans la nuit de mardi à mercredi, trois fortes explosions ont été ressenties dans la capitale Tripoli. L'objectif de l'intervention militaire internationale en Libye «n'est pas de tuer Kadhafi» mais de «cibler des objectifs militaires» de Tripoli et d'arrêter au plus tôt les raids de l'OTAN, a affirmé le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, tout en reconnaissant un «dommage collatéral» avec la mort d'un des fils du président libyen.