Nucléaire iranienNetanyahu dénonce un «très mauvais» accord
Le Premier ministre israélien accuse la République islamique de vouloir «annihiler» l'État hébreu et de «conquérir le Moyen-Orient».

Israël ne s'est pas réjoui de l'accord trouvé entre les grandes puissances et l'Iran.
AFP/Debbie HillBenjamin Netanyahu s'en est pris dimanche au «très mauvais» accord-cadre sur le programme nucléaire de l'Iran conclu jeudi, notamment par les États-Unis. Netanyahu, l'un des plus ardents détracteurs du processus diplomatique entre les grandes puissances et l'Iran, était à l'offensive sur les émissions politiques du dimanche des télévisions américaines, trois jours après l'«entente historique» du 2 avril à Lausanne, censée juguler le programme nucléaire de Téhéran et l'empêcher à terme de se doter de la bombe atomique. L'accord «ne fait pas reculer le programme nucléaire iranien, maintient une large infrastructure nucléaire, pas une centrifugeuse ne sera détruite. C'est un mauvais accord», a fustigé le dirigeant sur CNN. «C'est mauvais pour Israël, pour la région et pour le monde».
Dès le lendemain du règlement de Lausanne, Israël avait fait monter la pression sur le groupe 5+1 (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne) qui négocie avec l'Iran. Benjamin Netanyahu avait «exigé» que Téhéran reconnaisse «sans ambiguïté le droit à l'existence d'Israël» dans tout accord définitif sur le nucléaire, une demande irréalisable entre deux ennemis jurés. La puissance chiite a fait de la négation de l'État hébreu l'un des piliers de sa politique et les appels à sa destruction font partie de la rhétorique historique iranienne.
Vendredi pourtant à Téhéran, le président iranien Hassan Rohani, qui a permis une relance des négociations depuis l'automne 2013, avait assuré qu'un texte final ouvrirait «une nouvelle page» dans les relations internationales de la République islamique. Sans être plus explicite. Son Premier ministre a encore jugé sur ABC que la levée prévue de sanctions internationales imposées à l'Iran depuis des années allait apporter «des milliards de dollars dans les caisses» du régime. «Ils ne vont pas utiliser (cet argent) pour des écoles, des routes ou des hôpitaux. Ils vont s'en servir pour financer leur machine de terreur à travers le monde et leur machine militaire à l’œuvre actuellement pour conquérir le Moyen-Orient», a accusé le dirigeant israélien.
(L'essentiel/AFP)