François Fillon«Nicolas Sarkozy n'a jamais été mon mentor»
Le Premier ministre français François Fillon a pris ostensiblement ses distances avec le président à quelques semaines d'un remaniement dont il pourrait faire les frais.

Fillon a toujours été dans l'ombre de Sarkozy. (AFP)
«Avec Nicolas Sarkozy notre histoire c'est l'histoire d'une alliance», affirme le Premier ministre dans cet entretien à la chaîne de télévision publique France 2. «J'ai choisi de le soutenir et de faire alliance avec lui parce qu'il m'a semblé qu'il était le meilleur candidat pour gagner les élections présidentielles. Je pense d'ailleurs que je ne me suis pas trompé», ajoute-t-il. «Nicolas Sarkozy n'a jamais été mon mentor. J'ai fait alliance avec lui, j'ai choisi de l'aider à être président de la République et je m'en félicite tous les jours», déclare encore le chef du gouvernement, en poste depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy à la tête de l'État en mai 2007.
Le départ de François Fillon, 56 ans, à l'occasion du remaniement préparé depuis des mois par la présidence est de plus en plus probable, mais la difficile question de son successeur ne semble pas avoir été tranchée. Mieux placé dans les sondages que Nicolas Sarkozy et très populaire au sein de la majorité de droite, le Premier ministre a évoqué ses ambitions futures en envisageant de se fixer un nouveau défi, sans dire ce qu'il pourrait être, mais rejetant l'hypothèse d'un retour «en bas du terrain».
Après Matignon, il peut y avoir une autre vie. Est-ce qu'il peut y avoir une autre vie politique ? Sûrement», a avancé cet homme discret, père de cinq enfants. Traité un temps de simple «collaborateur» par Nicolas Sarkozy, un qualificatif qui l'avait profondément heurté, François Fillon a parfois peiné à exister au côté du président omniprésent. «Le mode de fonctionnement du quinquennat - la place très importante que prend le président de la République, la place très importante que prend le Parlement du fait des réformes que nous avons introduites - rend beaucoup de choses plus difficiles que je ne l'avais imaginé», a commenté M. Fillon.
lessentiel.lu avec AFP