Nokia Bochum: les syndicats européens privilégient la négociation
Les syndicats européens du fabricant finlandais de téléphones portables entendent obtenir par une "négociation sérieuse" avec la direction pour supprimer le plan de suppression des emplois.

Les syndicats européens entendent obtenir par une "négociation sérieuse" avec la direction pour supprimer le plan de suppression des 2 300 emplois de l'usine de Bochum.(afp)
Mais des délégués allemands, venus expliquer la situation à Bruxelles à leurs collègues de sept pays européens, ont déploré le "manque de solidarité" des organisations syndicales finlandaises et n'ont pas écarté l'hypothèse d'une grève ou d'un boycott des produits Nokia.
"Les syndicats sont fermement opposés à la fermeture annoncée de l'usine de Bochum", a assuré lors d'une conférence de presse le secrétaire général de la Fédération européenne des Métallurgistes (FEM), Peter Scherrer. Le patron de la FEM s'est félicité de l'élaboration d'une "réponse commune" syndicale à l'annonce par Nokia de son intention de fermer d'ici mi-2008 l'usine de Bochum (2 300 salariés), la dernière à fabriquer des portables en Allemagne, pour délocaliser les emplois en Roumanie.
Les syndicats "souhaitent tous, y compris les finlandais et les roumains, s'engager dans des discussions constructives avec la direction le plus tôt possible", a ajouté M. Scherrer. Le front syndical européen paraissait toutefois moins solide que présenté par la FEM.
Lors de la même conférence de presse, une déléguée de Bochum, Gisela Achenbach, s'est dite "déçue". Elle a expliqué qu'elle avait "quitté la réunion avant la fin" en raison du "manque de soutien et de solidarité" des délégués finlandais.
Un représentant du syndicat allemand IG Metall, Jürgen Ulber, a de son côté expliqué que si des "signaux positifs" n'étaient pas rapidement donnés par la direction, "il ne sera plus possible d'empêcher les collègues d'arrêter le travail".
D'autant plus, a-t-il ajouté, que l'usine de Bochum a fait "134 millions d'euros de bénéfice" en 2007. Selon la FEM, un boycott de Nokia "n'a pas été abordé" mercredi. "Mais on y réfléchit car les consommateurs allemands n'ont pas l'intention de financer la fermeture de Bochum", a assuré M. Ulber. Les syndicats réclament des avancées avant la prochaine réunion du conseil de surveillance de Nokia, le 28 février.