Au Luxembourg: «Notre mission? Abattre le plus de sangliers possible»

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Au Luxembourg«Notre mission? Abattre le plus de sangliers possible»

LUXEMBOURG – La saison de la chasse aux chiens courants s’ouvre ce samedi au Luxembourg. Une aubaine pour les quelque 2 300 chasseurs, dont un pourcentage croissant de femmes.

Jean-François Colin
par
Jean-François Colin
La prolifération des glands, tombés en nombre dernièrement, dope l'énergie des sangliers.

La prolifération des glands, tombés en nombre dernièrement, dope l'énergie des sangliers.

«Nous avons une mission: abattre le plus de sangliers possible afin d’aider les paysans à garantir leurs récoltes». Secrétaire général de la Fédération Saint-Hubert des chasseurs luxembourgeois (FSHCL), Richard Frank préface la nouvelle saison de chasse, qui s’ouvre ce samedi. «Il s’agit de la chasse aux chiens courants. Elle s’étend jusqu’à la mi-décembre, avec une extension jusqu’à fin janvier 2023, exclusivement pour les sangliers», explique-t-il.

Et s’il est tellement question de sanglier, c’est que le suidé a beaucoup (trop) proliféré dans les forêts luxembourgeoises. «D’une part, la chasse a dû être fermée durant la pandémie, alors que nous aurions dû en tirer plusieurs centaines. D’autre part, énormément de glands jonchent le sol ; or, ils constituent de l’énergie pure pour les sangliers, qui ont déjà commencé à occasionner des dégâts dans les prairies». Des dégâts habituellement observés seulement à partir de novembre, décembre.

Le sanglier, donc, est clairement dans la ligne de tir, mais qu’en est-il du raton laveur, dont la prolifération inquiète depuis de nombreux mois au Luxembourg? «Là, c’est la quadrature du cercle», reprend le chasseur. «Espèce invasive classée comme un gibier, il doit être chassé. Mais il n’est possible de les tirer que la nuit, or la chasse nocturne est interdite!». La loi ne l’autorise en effet que d’une heure avant le lever du soleil, à une heure après le coucher. «Nous sommes demandeurs pour un allongement de cet horaire», commente Richard Frank.

«Nul n’est jamais à l’abri d’un accident»

Richard Franck, secrétaire général de la Fédération Saint-Hubert

Si le secrétaire de la FSHCL prétend que la chasse «n’est pas un sport, mais un hobby qui l’occupe trois à quatre jours par semaine en saison», il accorde une attention toute particulière à la sécurité. «Le dernier accident remonte à l’automne 2016», rappelle-t-il, «lorsque par ricochet, une balle avait une atteint une dame à la joue à Fentange». Et s’il ajoute que «nul n’est jamais à l’abri d’un accident», il constate que «des améliorations ont été apportées ces derniers temps, comme le fait pour les chasseurs de porter des vestes voyantes ou d’apposer des rubans rouges au bord des domaines de chasse». Mais, renchérit Richard Frank, «le problème, c’est que les gens ne respectent pas toujours les signalisations».

Le chasse attire aussi des femmes

Cette année, quelque 2 300 chasseurs s’apprêtent donc à pratiquer leur hobby saisonnier ces prochains mois, un nombre «en légère augmentation par rapport aux années précédentes», relève Luc Bohler, responsable administratif à la FSHCL. «Nombre de chasseurs ont arrêté ou sont décédés, mais c’est la preuve que cette pratique attire toujours plus de jeunes», ajoute-t-il. «Le côté produit naturel, avec une traçabilité certaine les attire», confirme Richard Frank.

Et, phénomène nouveau, la chasse attire aussi de plus en plus de femmes. «On peut compter entre 10 et 15% de femmes», confirme Luc Bohler. Soit, bon an, mal an, entre 250 et 350 représentantes féminines. Diane chasseresse serait elle en train de faire des émules au Grand-Duché ?

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