Indya Moore«Nous sommes des humains magiques et puissants»
Depuis qu’elle a été révélée dans la série «Pose», l’actrice transgenre Indya Moore assume sa différence à 100%.

L’actrice américaine Indya Moore est la star de la série «Pose», de Ryan Murphy.
Getty Images via AFPÀ 26 ans, Indya Moore a fait voler en éclats les règles de la beauté féminine. Dans son rôle d’Angel Evangelista, elle est la première trans à avoir fait la couverture de magazines féminins comme «Elle» aux USA. L’ultime saison de sa série «Pose» est disponible sur Canal+.
Qu’est-ce que «Pose» a changé selon vous dans l’opinion publique?
J’espère que nous avons donné un message d’espoir pour les minorités. La communauté trans a tellement été mise à l’écart de la société que j’espère avoir aidé avec «Pose» a changé les mentalités. La force de notre série a été de dire que l’on peut s’aimer sans avoir à s’excuser pour la personne que l’on est. J’espère avoir inspiré des fans à s’affirmer. J’ai appris à m’imposer et je souhaite que tous les trans arrivent à en faire autant. Nous sommes des humains magiques et puissants. Nous sommes capables de nous créer une famille à notre image et de grandir en nous affirmant, même si certains voudraient nous interdire cela.
Personnellement, comment avez-vous changé depuis ce succès?
Je n’ai plus peur de me montrer et d’attirer les regards sur moi. Quand on est une jeune trans, on essaye de vous dire de vous cacher, d’être le plus discret possible en société. Ces dernières années, je m’affiche, je m’impose et j’affronte les regards sans détourner les yeux.
Est-ce que la vie de votre personnage, Angel, vous ressemble?
Les détails de la vie d’Angel ne sont pas du tout autobiographiques, mais c’est la première fois que je me sens totalement en accord avec la totalité des scripts que l’on me propose. Les auteurs de «Pose» savent de quoi ils parlent. Avoir Janet Mock, une femme trans et noire, comme productrice, réalisatrice et auteure était une chance. Non seulement elle a utilisé certaines de ses expériences de vie dans le scénario, mais elle venait aussi souvent demander l’avis de tous les comédiens, ce qui est rarissime à la télé.
Qu’est-ce qui restera comme le meilleur souvenir de «Pose»?
La toute première fois que nous avons tourné une scène de ballroom: voilà le souvenir le plus intense pour moi. On m’a offert la chance de briller, d’être plus grande que nature, d’être sexy et tout cela sans concession.
(L'essentiel/Henry Arnaud, Los Angeles)