Obama dans le piège Ahmadinejad

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Obama dans le piège Ahmadinejad

Le nouveau président américain a promis d'ouvrir le dialogue avec le régime iranien, mais doit-il répondre à la lettre de félicitations que lui a envoyée le président iranien?

(AFP)

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Selon les experts, une réponse pourrait entamer la popularité du président élu aux États-Unis, redorer le blason de Ahmadinejad en Iran, et passerait à côté du personnage-clé du régime iranien: le guide suprême Ali Khamenei. Lors de sa première conférence de presse postélectorale, Obama a indiqué qu'il «répondrait de façon appropriée» à la lettre de félicitations envoyée par Ahmadinejad au lendemain de sa victoire électorale, dans laquelle le président iranien lui demandait un changement radical de la politique des États-Unis.

«L'administration Obama doit ignorer Ahmadinejad autant que possible parce qu'il n'est pas un interlocuteur utile, et il semble que son étoile politique est en train de pâlir», estime Gary Samore, expert de l'Iran au Council on Foreign Relations (CFR). «A mon avis, il serait beaucoup plus sensé d'ouvrir le dialogue avec le guide suprême qui contrôle de fait le dossier nucléaire et les autres dossiers importants de politique étrangère», ajoute-t-il.

Les États-Unis considèrent l'Iran comme responsable de certains de leurs plus graves problèmes au Proche-Orient, non seulement à cause de ses activités nucléaires controversées mais aussi en raison de son soutien aux mouvements anti-américains en Irak, au Liban, dans les Territoires palestiniens et en Afghanistan.

Revirement

Au début de sa campagne, M. Obama s'est déclaré prêt à dialoguer sans conditions avec le régime iranien mais il a depuis durci son discours en déclarant que l'Iran devait «cesser» de soutenir des organisations terroristes et que la fabrication d'armes nucléaires par Téhéran était «inacceptable».

L'administration sortante du président George W. Bush lui a de toute façon préparé le terrain, soulignent les analystes: elle a envoyé le numéro trois du département d'Etat, Williams Burns, participer à une réunion avec l'Iran en juillet à Genève, abandonnant de facto sa condition préalable de gel des activités d'enrichissement de l'uranium par Téhéran.

lessentiel.lu avec AFP

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