Avant le G7 – Obama hausse le ton contre la Russie

Publié

Avant le G7Obama hausse le ton contre la Russie

Les dirigeants du G7 se réunissent sans la Russie, ce lundi soir à La Haye, en marge d'un sommet sur la sécurité nucléaire.

Le président américain Barack Obama est arrivé lundi matin aux Pays-Bas pour des discussions dominées par la crise ukrainienne qui pourraient exclure la Russie du club fermé des nations les plus riches, alors que les forces russes ont pris à l'aube une nouvelle base ukrainienne sur la péninsule de Crimée.

La base de Feodossia est tombée après que des blindés légers et des hélicoptères l'aient investie. Des soldats ukrainiens ont été évacués dans des camions, les mains liées. La Russie a quasiment achevé l'absorption de la Crimée, considérée par Moscou comme une réunification, poussant les puissances occidentales à revoir leurs relations avec le Kremlin, qui s'étaient pourtant réchauffées depuis la fin de la guerre froide. Mais alors que Moscou place ce que l'OTAN a appelé des forces «très importantes» à proximité de la frontière ukrainienne, certains craignent que Vladimir Poutine ne jette son dévolu sur d'autres parties du territoire ukrainien. Le sommet sur la sécurité nucléaire prévu à La Haye, lundi et mardi, devrait dès lors être complètement éclipsé par les discussions sur l'Ukraine.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et le secrétaire d'État américain, John Kerry, devaient se rencontrer lundi en marge du sommet nucléaire, et leurs échanges pourraient bien être les plus virulents depuis le début de la crise ukrainienne. Il s'agira de leur première rencontre depuis que Washington a imposé des restrictions financières contre des personnalités proches de Vladimir Poutine en représailles de l'absorption de la Crimée.

Kiev avait exprimé dimanche sa peur d'une invasion russe imminente de l'est de l'Ukraine, cœur industriel du pays, alors que les troupes russes prennent une par une les bases militaires ukrainiennes. Cette démonstration de force est la plus spectaculaire depuis le rattachement de la péninsule à la Russie après un référendum. D'autres pays de l'ancien bloc communiste s'inquiètent pour leur intégrité territoriale au regard des velléités expansionnistes de Moscou, même si Barack Obama a réitéré les obligations de l'OTAN en termes de défense mutuelle. «Personne ne doit remettre en question l'engagement des États-Unis envers la sécurité de l'Europe», a déclaré le président américain dans un entretien au quotidien néerlandais de centre-gauche Volkskrant. «Et si la Russie continue son escalade, nous devons nous préparer à leur faire payer un prix plus élevé», a-t-il ajouté.

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a assuré dimanche que la tenue du G7 ne perturberait pas un sommet de deux jours lors duquel les dirigeants de plus de 50 pays discuteront à La Haye de la manière d'éviter que des groupes terroristes ne mettent la main sur des matériaux nucléaires. La sécurité nucléaire est au centre de l'héritage politique que Barak Obama veut laisser. Il assurait en 2009 que le terrorisme nucléaire était «la menace la plus immédiate et la plus extrême (pesant) sur la sécurité mondiale». Le lauréat du prix Nobel de la paix a entrepris de sécuriser les matériaux nucléaires vulnérables dans les quatre ans et les premiers NSS avaient été organisés en 2010 à Washington et en 2012 à Séoul. Un sommet final doit avoir lieu en 2016.

(L'essentiel/AFP)

Ton opinion