Les punchlines de Trump font un carton en Europe centrale

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PopulismeLes punchlines de Trump font un carton en Europe centrale

Les dirigeants nationalistes de tout poil trouvent dans la rhétorique du président US une source d'inspiration inépuisable pour renforcer leurs initiatives liberticides.

Le leader hongrois Viktor Orban est fan de Donald Trump et de ses punchlines.

Le leader hongrois Viktor Orban est fan de Donald Trump et de ses punchlines.

AFP

Les responsables politiques de plusieurs pays d’Europe de l’Est profitent de l’impact de la rhétorique du président américain Donald Trump pour multiplier les attaques contre la société civile et minent l’État de droit, accusent des groupes de défense des droits humains.

En Hongrie, mais aussi en Serbie et plus récemment en Slovaquie et en Géorgie, les ONG de défense des droits humains et les médias indépendants critiquant le pouvoir et dénonçant la corruption se voient discrédités et étouffés financièrement. Face à ces assauts, nombre d’organisations avaient trouvé un soutien moral et financier, particulièrement aux États-Unis.

Mais depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche et sa propre remise en cause des normes démocratiques aux États-Unis, les dirigeants nationalistes peuvent s’appuyer sur sa rhétorique et ses actes pour justifier leur répression de la société civile. Les prises de position du président américain «sont instrumentalisées en temps réel par des autocrates et des dictateurs à travers l’Europe de l’Est et du Sud-Est pour justifier et approfondir leur répression contre les médias indépendants, les ONG et les défenseurs des droits humains», dénonce Dave Elseroad, de la Human Rights House Foundation.

L'USAID, «dirigée par des fous radicaux»

Immédiatement après son retour au pouvoir en janvier, Trump a gelé l’aide étrangère américaine, affirmé que l’Agence américaine pour le développement international (USAID) était «dirigée par des fous radicaux» et l’a démantelée. Le milliardaire Elon Musk a décrit l’agence comme une «organisation criminelle» qui doit être passée «à la broyeuse».

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a salué le démantèlement de l’USAID comme un «vent de purification». Il a haussé le ton en qualifiant ses ennemis politiques, les juges, les médias et les ONG de «punaises puantes», et promis d’«éliminer toute l’armée de l’ombre».

L’inspiration venue d’outre-Atlantique est aussi palpable en Géorgie. Le Parlement a adopté une copie conforme de la loi américaine sur l’enregistrement des agents étrangers (FARA), qui selon les observateurs pourrait être utilisée contre la société civile.

«Des cibles dans le dos des journalistes»

En Serbie, secouée depuis des mois par des manifestations contre la corruption, les autorités ont explicitement fait référence aux déclarations de Trump et d’autres politiciens américains pour justifier des descentes dans un certain nombre d’ONG. «Notre gouvernement populiste a vu une opportunité de punir la société civile», accuse Rasa Nedeljkov, directeur de programme au Centre pour la recherche, la transparence et la responsabilité (CRTA), qui était parmi les organisations perquisitionnées.

Pavol Szalai, de Reporters sans frontières (RSF), dénonce lui aussi les attaques contre «les médias qui avaient reçu des fonds de l’USAID». Il a déploré la «double punition» subie par ces groupes, privés de financement et de plus en plus «la cible d’intimidations»: «Clairement, ces politiciens placent des cibles dans le dos des journalistes».

La Republika Srpska, entité serbe de Bosnie, est un cas d’école selon Bojana Mijic. «C’est la pire situation jamais vécue par les organisations de la société civile (depuis) la période post-guerre», affirme-t-elle.
Pavol Szalai acquiesce: «Nous craignons que ce journalisme d’intérêt public dans certains pays ne survive pas à ce coup» et «à mesure que ces médias se retirent (...) ils seront remplacés par la propagande».

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(afp/rk)

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