En AllemagnePremier bilan après la reprise du championnat
Après cinq journées complètes de Bundesliga depuis le 16 mai, aucune des catastrophes prédites n'a eu lieu et le pari de la reprise du foot est en passe d'être gagné en Allemagne.

Avant Augsbourg-Cologne, on n’oublie pas de désinfecter le ballon.
KeystoneAlors que la Liga espagnole s'apprête à son tour à redémarrer jeudi, avant les championnats anglais (17 juin) et italien (20 juin), voici cinq choses à savoir sur le foot à huis clos au temps du Covid-19:
Le protocole sanitaire est efficace
Testés deux fois par semaine, contraints au confinement en famille et aux mesures de distanciations permanentes: les mesures imposées aux footballeurs allemands sont tellement strictes qu'on peut considérer qu'ils sont, de tous les travailleurs «sur site», parmi les mieux protégés. À ce jour, aucune équipe n'a été victime de contagion massive.
La semaine dernière, deux joueurs de Dortmund, Jadon Sancho et Achraf Hakimi, ont été sanctionnés pour avoir fait venir un coiffeur à domicile, en violation de l'interdiction de recevoir quiconque à la maison. Des voix s'élèvent déjà pour demander l'assouplissement d'un protocole qui apparaît chaque jour un peu plus en décalage avec le retour de la vie «normale» dans le pays.
Les joueurs sont revenus en forme
Contrairement aux inquiétudes de nombreux médecins du sport, aucune augmentation notable du nombre de blessures, notamment musculaires, n'a été constatée. Les entraîneurs font largement usage du droit de changer désormais cinq joueurs (4,3 remplacements par match en moyenne), ce qui contribue à préserver les plus fragiles.
«Peut-être même que pour la remise en forme, ça a été un avantage de ne pas pouvoir nous entraîner normalement au début, mais seulement en petits groupes, avant de pouvoir revenir aux entraînements d'équipe», avance le manager du Hertha Berlin Michael Preetz. Les médecins et kinés ont dans l'ensemble été surpris du très bon niveau de forme conservé par la plupart des pros.
Des rapports de force inchangés
Certains redoutaient des résultats aberrants, causés par le manque d'entraînement. En réalité, les rapports de force n'ont pas changé: les puissants restent puissants (le Bayern a gagné 5 matches sur 5) et les équipes en difficulté en bas de tableau n'ont pas fait de miracle.
L'absence du public, qui pousse souvent les petits à se surpasser contre les gros, aurait même tendance à renforcer la hiérarchie: «Désormais, on a l'impression que les équipes qui ont la meilleure qualité individuelle s'imposent plus souvent», constate Markus Krösche, le directeur sportif du RB Leipzig.
L'avantage à domicile a disparu
C'est la principale surprise de cette Bundesliga à huis clos: lors des deux dernières saisons, 45% des matches se sont terminés par la victoire de l'équipe locale. Ce ratio est tombé à 22% depuis la reprise à huis clos (10 victoires à domicile en 46 matches).
«C'est fou, et on ne s'y attendait pas à ce point», s'étonne Sebastian Kehl, le manager de Dortmund, orphelin du célèbre «Mur jaune» et des 82 000 abonnés du Signal Iduna Park.
Les supporters sont disciplinés
Certains dirigeants politiques avaient exprimé leur scepticisme: les ultras, indisciplinés, allaient obligatoirement chercher à se rassembler les jours de match. Pour le moment, tout se passe bien, mais ce pari-là n'est pas encore gagné.
Avec le déconfinement progressif, et à l'approche des derniers matches décisifs, dont celui attendu du titre de champion pour le Bayern, on peut toujours craindre des rassemblements de foule, organisés ou spontanés.
(L'essentiel/afp)