Quand l'unité belge se tient derrière ses symboles

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Quand l'unité belge se tient derrière ses symboles

Frites, bière et drapeaux noir-jaune-rouge. Les "belgicistes" espèrent réunir 30 000 manifestants derrière ses symboles nationaux dimanche pour défendre l'unité du royaume.

"La marche pour l'unité" est destinée à exprimer l'attachement des Belges à leur pays "et leur souhait de continuer à vivre ensemble dans un seul pays uni", déclarent les organisateurs.

"J'espère qu'il y aura beaucoup de monde, je serais triste pour la Belgique si ça n'était pas le cas", explique Marie-Claire Houart, une fonctionnaire francophone en campagne depuis le mois d'août pour défendre l'unité du pays. Dimanche, elle remettra aux présidents du Sénat et de la Chambre les 130 000 signatures que sa pétition a rassemblé.

Mais dans le même temps, les signes de division entre les six millions de Flamands néerlandophones et les 4,5 millions de Wallons francophones s'accumulent.

Jeudi, le Jour du roi, symbole par excellence de l'unité du pays, a été perturbé par des séparatistes flamands qui ont crié, en flamand, "Que la Belgique crève" à l'arrivée du prince Philippe à la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule. "Vive la Belgique", ont répondu des royalistes, tandis que les premiers étaient emmenés par la police. "Aimons-nous les uns les autres et prions pour notre pays, dans sa diversité et son unité", a ajouté l'archevêque Wilfried Danneels lors de la messe qui a suivi.

Les tensions politiques s'intensifient

Les francophones ne digèrent pas la décision du ministre de l'Intérieur de Flandre de ne pas confirmer l'élection de trois bourgmestres francophones élus dans des communes de la périphérie de Bruxelles à majorité francophone, en Flandre.

"Ce n'est évidemment pas le geste d'apaisement attendu", soupire vendredi Didier Reynders, le président du Mouvement réformateur dans un entretien à "La libre Belgique". Ce nouveau geste intervient après la scission de l'arrondissement "mixte" de Bruxelles-Hal-Vilvorde (dit BHV), imposée par les députés flamands. "En une semaine, deux gifles", résume la négociatrice francophone chrétienne-démocrate Joëlle Milquet.

Les francophones ont quitté pour l'instant les pourparlers engagés en vue de former un gouvernement de coalition dit de "l'orange bleue" (chrétiens-démocrates et libéraux de Flandre et de Wallonie), qui traînent depuis cinq mois.

Dans ces circonstances, la perspective d'une scission de la Belgique est évoquée de plus en plus ouvertement. Ainsi, les journaux ont commencé à spéculer sur la disparition des Diables rouges, l'équipe nationale de football, qui pourrait être remplacée par deux formations: les Lions de Flandre et les coqs de Wallonie...

ap

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