Convention démocrate – Sanders appelle à voter Clinton sous les huées

Publié

Convention démocrateSanders appelle à voter Clinton sous les huées

Bernie Sanders, candidat déchu à la primaire démocrate, a appelé lundi à voter pour Hillary Clinton à la présidentielle américaine pour faire barrage au républicain Donald Trump, qualifié de «démagogue».

«Trump est une brute et un démagogue», a-t-il lancé aux délégués pro-Sanders réunis en marge de la convention d'investiture démocrate à Philadelphie, qui se tiendra jusqu'à jeudi. «Nous devons battre Donald Trump. Nous devons élire Hillary Clinton». Mais une partie de ses partisans ont bruyamment rejeté son appel en faveur d'Hillary Clinton, faisant le geste de désapprobation du pouce baissé pour exprimer leur rejet de celle qui représente à leurs yeux l'establishment et une trahison des idéaux progressistes. (voir vidéo ci-dessus).

Le début de la convention, moment censé mettre en scène le rassemblement de la famille démocrate, a été secoué par la publication ce week-end par le site WikiLeaks de près de 20 000 messages échangés par des responsables du parti démocrate, dérobés par des pirates informatique soupçonnés d'être liés aux autorités russes. Ces responsables, dont la présidente du parti Debbie Wasserman Schultz, s'y montrent très critiques envers Bernie Sanders, alors que depuis le début du processus des primaires celui-ci s'était plaint de la partialité du parti en faveur de sa rivale, Hillary Clinton, notamment dans l'organisation des débats télévisés.

Discours d'Hillary le dernier jour

Déjà sur la sellette, elle n'a pas résisté à la controverse et a annoncé dimanche sa démission à compter de la fin de la convention, poussée dehors au nom de la paix au sein du parti. Puis elle a confirmé lundi au journal Sun Sentinel qu'elle n'ouvrirait pas solennellement les travaux de la convention, lundi à 20h GMT, afin d'éviter l'image désastreuse de huées à l'ouverture de la grand-messe. Elle s'était fait huer lundi matin lors de son intervention devant un groupe de délégués en marge de la convention. En symbole d'unité, le sénateur du Vermont prononcera un discours lors d'un créneau prestigieux, dans la soirée de lundi.

Il sera précédé à la tribune par la première dame Michelle Obama et la sénatrice Elizabeth Warren, bête noire de Wall Street que l'aile gauche du parti démocrate aurait voulu voir nommée colistière d'Hillary Clinton. Cette dernière a finalement choisi le sénateur Tim Kaine, vendredi. Ces discours commenceront à 1h GMT, en l'absence d'Hillary Clinton qui prononcera son discours le dernier jour, jeudi.

Le message de cette première journée «marquera un contraste saisissant avec le message sombre et de divisions de la convention républicaine, où Donald Trump a affirmé que lui seul pouvait résoudre les problèmes du pays», expliquait un responsable de la campagne Clinton. «Contrairement à Cleveland, où les orateurs ont à peine mentionné le nom de Donald Trump, à Philadelphie aux heures de grande écoute une série d'Américains ordinaires (...) expliqueront la façon dont Hillary les a défendus et aidés dans leur vie», poursuit ce responsable.

Moscou accusée d'avoir organisé la fuite

L'entourage d'Hillary Clinton s'est publiquement étonné que les messages internes au parti soient publiés quelques jours seulement avant la convention. Robby Mook, directeur de campagne d'Hillary Clinton, a sous-entendu que Moscou essayait d'influencer le scrutin américain. Il a fait le lien avec des propos de Donald Trump considérés comme pro-russes, notamment lorsqu'il a dit la semaine dernière que sous sa présidence, les États-Unis n'interviendraient pas automatiquement pour protéger les pays baltes en cas d'agression.

«La blague du jour est que la Russie a fait fuiter les e-mails démocrates catastrophiques, qui n'auraient jamais dû être écrits (stupides), parce que Poutine m'aime bien», a réagi Donald Trump, lundi, sur Twitter. Les démocrates craignent que, malgré tous leurs efforts, la polémique des e-mails continue d'empoisonner l'ambiance de la convention. La présidente par intérim du parti démocrate, Donna Brazile, a prévenu que des milliers d'autres messages seraient vraisemblablement publiés prochainement.

Dans les rues de Philadelphie, des centaines d'irréductibles de Bernie Sanders devaient battre le pavé toute la semaine. Hillary Clinton a besoin d'une convention réussie. Dans la foulée de la convention républicaine à Cleveland la semaine dernière, Donald Trump s'est hissé à égalité voire légèrement au-dessus de la démocrate dans deux sondages. Selon CNN, le républicain recueillerait 48% des intentions de vote, contre 45% pour Hillary Clinton.

(L'essentiel/afp)

Ton opinion