«Se démarquer et rester sobre dans son CV»
Pour trouver un job, il faut d'abord décrocher un entretien. Et pour cela, il faut bichonner son CV. Quelques astuces.
«Un bon CV est un CV lisible». Le conseil semble évident mais Pol Wirtz, spécialisé dans la chasse de têtes au Luxembourg, jette beaucoup de CV fantaisistes. «Sauf si vous recherchez un poste de graphiste, il faut éviter les couleurs, les écritures peu lisibles comme le gothique. Certaines personnes mettent même du parfum! Il faut rester sobre», assure le coach.
Sobre sur la forme, c'est le contenu qui doit intéresser le recruteur. Mais là encore, il faut éviter de perdre celui qui lit le document. «Les informations se donnent dans l'ordre chronologique, la plus récente en premier», continue Pol Wirtz.
Les envois par mail se généralisent et de plus en plus d'entreprises font appel à des logiciels de traitement automatisés qui marchent par mots-clés. Ne pas oublier de préciser le métier visé et le domaine de formation, qui n'est pas forcément dans l'intitulé exact des diplômes.
Le CV doit rester factuel, c'est un document qui est envoyé à toutes les entreprises visées.
Par contre, la lettre d'accompagnement est très importante. «Les francophones aiment la commencer par une phrase du genre lyrique. C'est à proscrire! Il faut une accroche, quelque chose de percutant. C'est là que vous pouvez vous démarquer». Dire en une phrase ce qui nous plaît dans l'entreprise ciblée, par exemple.
L'élaboration du CV et de sa lettre d'accompagnement ressemble finalement à un jeu d'équilibriste. «Il faut chercher à se démarquer tout en restant sobre», résume Pol Wirtz.
Linda Cortey
Pour un CV crédible
- Pour un jeune qui arrive sur le marché du travail, l'expérience professionnelle manque. Par contre, il existe d'autres atouts, comme les activités personnelles. «Si ses hobbies sont la promenade et la lecture, ce n'est pas la peine de les mentionner. Par contre, quand on fait partie d'associations c'est important de dire si on a pris des fonctions de direction par exemple».
- «Il ne faut surtout pas oublier la photo», insiste Pol Wirtz. «Pas une photo accrochée à une feuille mais une photo scannée, qui fait partie du CV». Il ne faut pas appeler le document numérique simplement CV. «Le recruteur a besoin d’avoir le nom sur le document Word».
- «Il faut rédiger son CV dans la langue utilisée par l'entreprise visée. Un simple coup de fil à la réception permet d'obtenir l'information. À condition bien sûr de maîtriser cette langue car il faut surtout éviter les fautes d'orthographe ou de style». Le conseil semble une évidence mais il n’est pas toujours respecté. Le mieux est de faire relire son CV par un ami qui verra mieux les fautes.
- Pour la lettre d’accompagnement du CV, elle doit être unique, personnalisée en fonction de l’entreprise. Le candidat doit faire ressortir ce qui lui plaît dans l’entreprise et pourquoi elle a intérêt à l’embaucher.
- Une fois le CV envoyé, il faut être patient mais pas trop. Au bout de trois semaines sans réponse, un petit mail peut être utile, histoire de montrer qu’on est vraiment intéressé. Mais les coups de fil quotidiens sont à éviter. « Il faut se démarquer, oui, mais dans le bon sens», précise Pol Wirtz.
Envois ciblés
Pour qu'un CV soit lu, il faut l'envoyer à la bonne personne. C'est en général le DRH mais il vaut mieux appeler l'entreprise pour en être sûr.
L'idéal est de connaître quelqu'un dans l'entreprise qui peut remettre le document en main propre. Tous les réseaux sont importants et il ne faut pas hésiter à les utiliser. Famille, amis, associations d'anciens élèves. Passer par quelqu'un à l'intérieur d'une entreprise qui a fait la même école est un vrai plus.