GéorgieSextapes pour faire chanter des gays connus
Des vidéos d'ébats sexuels auraient été volontairement diffusées par des responsables du ministère géorgien de la Défense dans le but de faire chanter des personnalités gays.

D'anciens responsables du ministère de la Défense sont accusés d'avoir filmé secrètement des relations sexuelles entre des personnalités homosexuelles pour les contraindre à coopérer avec les services de sécurité. Trois ex-responsables du ministère de la Défense ont été arrêtés et remis en liberté sous caution dans le cadre de l'enquête.
Ils sont accusés d'avoir tourné en cachette des dizaines de vidéos d'ébats sexuels entre des hommes «très connus du grand public» et utilisé ces images pour faire ensuite chanter leurs victimes.
Les vidéos ont été utilisées pour forcer ces personnalités à coopérer avec les services de sécurité et à «afficher leur soutien au pouvoir», a indiqué le procureur général de Géorgie, Archil Kbilachvili.
Série d'investigations
Cette enquête s'inscrit dans le cadre d'une série d'investigations visant des responsables du précédent gouvernement du président Mikheïl Saakachvili, dont le parti a perdu les législatives d'octobre dernier remportées par la coalition du milliardaire Bidzina Ivanichvili, devenu Premier ministre.
«Nous voulons montrer que ce gouvernement agissait systématiquement en dehors de la légalité et contre les valeurs sur lesquelles la société devrait être basée», a déclaré le procureur à des journalistes. L'ancien chef du service de la police militaire au ministère de la Défense, Megis Kardava, est considéré comme le responsable de cette opération de chantage, a précisé le parquet.
Stigmatisation
Considéré comme un proche de l'ex-ministre de la Défense Bacho Akhalaïa, M. Kardava aurait fui la Géorgie après les législatives du 1er octobre. Plusieurs médias locaux ont diffusé ces vidéos, provoquant l'indignation d'organisations de défense des homosexuels.
L'homosexualité est toujours stigmatisée en Géorgie, une ex-république soviétique très conservatrice, où l’Église orthodoxe conserve une importante influence. Deux jours avant la publication des vidéos, le président Saakachvili semble avoir lancé une contre-offensive en accusant le gouvernement de M. Ivanichvili de recourir à des «pratiques déloyales» pour faire pression sur des responsables et des juges.
(L'essentiel Online/AFP)