A Luxembourg – Son resto rouvre enfin, 5 mois après les inondations

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À LuxembourgSon resto rouvre enfin, 5 mois après les inondations

LUXEMBOURG - Frappé de plein fouet par la montée des eaux de l'Alzette, le 14 juillet, le Kamakura, institution dans le Grund, peut enfin retrouver ses clients, ce mercredi.

«Même le frigo de 2 m, en cuisine, a été renversé». Cinq mois plus tard, Hajime Miyamae n'en revient toujours pas. Son restaurant, installé dans le Grund, tout près des bords de l'Alzette, a été frappé de plein fouet par les inondations de juillet dernier. Hajime a senti que la situation se compliquait au fil de la soirée. À tel point que ses derniers clients n'ont pas pu sortir par la porte principale, tant l'eau était montée.

«J'ai surélevé les chaises sur les tables, sorti les documents importants, coupé l'électricité... Puis nous sommes tous montés au deuxième étage», où loge Hajime. «J'avais déjà eu l'expérience de 1992, avec 70 cm d'eau... Je pensais que j'aurais de nouveau le temps de sortir le matériel... Mais non, c'est allé tellement plus vite». Il reste donc à l'abri à l'étage du dessus, pendant que sa voisine d'en face, Mme Mosconi, l'informe que sa porte d'entrée est détruite. «Elle me faisait le live», se remémore le patron japonais.

Et, le jour d'après, c'est la sidération devant l'étendue des dégâts. «C'était une catastrophe, c'était vraiment choquant. Je n'imaginais pas ça». L'ensemble du restaurant a été ravagé par les flots. «Tout était parti, je me suis imaginé la force de l'eau», se souvient Hajime. Le travail d'une vie, le premier établissement de cuisine japonaise du Luxembourg, ouvert en 1988, a été emporté. «J'étais abattu, c'était la galère. L'idée d'arrêter m'a un peu traversé l'esprit, mais abandonner après le Covid et les inondations, ce n'est pas japonais. Et je ne voulais pas partir sans au moins dire au revoir à mes habitués, dont certains viennent depuis trois générations», explique Hajime, 64 ans, qui a baptisé le Kamakura, d'après la ville d'où lui et son épouse sont originaires, une ancienne capitale impériale, près de Tokyo.

De la solidarité et des aides

Alors, il ne baisse pas les bras et, malgré l'étendue des dégâts, il se lance dans la reconstruction. «J'ai décidé de continuer et j'ai appelé ma banque. La confiance qu'ils m'ont témoignée m'a poussé, ça motive». Avec dans l'idée de mettre les difficultés à profit pour tout remettre à neuf. «Des amis m'ont aussi apporté leur aide, l'un a envoyé une équipe de nettoyage professionnelle. Ça m'a beaucoup aidé». Mais avant de lancer le chantier, il fallait les avis d'experts, pour les aides, les assurances. «On a très vite su qu'on aurait des aides de l'État, c'était une très bonne nouvelle», dit Hajime, dont le commerce avait déjà été soutenu pendant les fermetures liées au Covid. «Le gouvernement a bien fait les choses, on a eu de la chance. Ça aussi, ça m'a motivé».

Ensuite, il faut compléter des dossiers «épais comme ça, c'était complexe». Au final, tout a pris du temps et les travaux n'ont pu commencer que la deuxième semaine de septembre. Et, maintenant, le Kamakura a fait peau neuve. Un nouveau plafond plus acoustique avec un éclairage rappelant des katanas, les sabres japonais, entrecroisés, et un long mur végétal donnent un coup de frais à l'établissement, que les clients pourront enfin retrouver mercredi, plus de cinq mois après le sinistre.

Mais, si le décor a changé, la tradition perdure. Parmi les sept employés du restaurant, «deux sont là depuis 30 ans, et deux depuis 20 ans ou presque». Et la carte, elle, ne change pas. Pour le plus grand plaisir des habitués qui viennent depuis plus de 30 ans dans le Grund pour voyager au Japon.

(jw/L'essentiel)

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