Soudan du Sud«Tombé dans l'oubli, le pays ne doit pas tomber dans l'abîme»
Risque de guerre civile, «cauchemar humanitaire», effondrement économique: le chef de l’ONU dresse un tableau plus que sombre de la situation au Soudan du Sud.

Le secrétaire général réclame la libération de «tous les responsables militaires et civils arrêtés».
AFP/IllustrationLe secrétaire général de l’ONU a appelé vendredi les dirigeants sud-soudanais à déposer les armes et à être les responsables que le peuple «mérite», pour empêcher le pays de «tomber dans l’abîme» d’une nouvelle guerre civile.
«Plus que jamais, les dirigeants du Soudan du Sud doivent entendre un message clair, unifié et retentissant: déposez les armes, placez la population du Soudan du Sud au-dessus de tout», a déclaré Antonio Guterres à la presse, après le placement du premier vice-président Riek Machar en résidence surveillée. Le pays «est peut-être tombé dans l’oubli, mais nous ne pouvons pas le laisser tomber dans l’abîme», a-t-il insisté.
«Pas les dirigeants qu’il mérite»
Le peuple du plus jeune pays du monde «avait d’immenses espoirs et aspirations, mais malheureusement pas les dirigeants qu’il mérite», a-t-il lancé. «Ne mâchons pas nos mots: ce que nous voyons rappelle sinistrement les guerres civiles de 2013 et 2016 qui ont tué 400 000 personnes», a insisté Antonio Guterres, alors que l’ONU alerte depuis plusieurs jours sur les risques d’une nouvelle guerre civile.
Le secrétaire général, réclamant la libération de «tous les responsables militaires et civils arrêtés», a dressé un tableau déjà plus que sombre de la situation dans l’un des pays les plus pauvres de la planète, sur lequel «les nuages noirs d’une tempête parfaite» sont en train de s’abattre.
«Urgence sécuritaire»
Antonio Guterres évoque une «urgence sécuritaire, avec des combats qui s’intensifient, des bombardements aériens de civils, y compris des femmes et des enfants, la présence de forces extérieures et la dimension régionale grandissante du conflit». Mais aussi un «bouleversement politique» avec l’arrestation de Riek Machar et d’un accord de paix «en ruine», un «cauchemar humanitaire», une «crise de déplacement», «un effondrement économique» et une «crise des financements».
«Le temps est venu pour le dialogue et la désescalade. La Corne de l’Afrique est déjà en crise et ne peut pas se permettre un autre conflit. La population du Soudan du Sud non plus», a-t-il insisté.
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