Scandale viande de cheval – Spanghero serait le principal coupable

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Scandale viande de chevalSpanghero serait le principal coupable

La société Spanghero savait qu'elle revendait comme viande de bœuf de la viande chevaline et s'est rendue coupable d'une «tromperie» selon les autorités françaises.

Le scandale des plats surgelés à la viande de cheval (qui provenait de Roumanie) en lieu et place de bœuf, fabriqués par un client de Spanghero, a secoué plusieurs pays d'Europe, notamment la Grande-Bretagne et l'Allemagne. L'entreprise, située à Castelnaudary (Aude) s'est rendue coupable d'une «tromperie économique» et sera poursuivie, a annoncé le ministre délégué à la Consommation Benoît Hamon lors d'une conférence de presse présentant les résultats de l'enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

M. Hamon a déclaré par ailleurs sur France 2 que l'affaire allait amener le gouvernement à «durcir les pénalités liées à ce type de tromperies économiques». En conséquence, son agrément sanitaire lui permettant de traiter de la viande est retiré avec effet immédiat, a annoncé le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll.

Comigel et Tavola ne pouvaient pas savoir

Spanghero est spécialisé dans les plats cuisinés et dans la viande fraîche transformée (viande tranchée, steak hachés, saucisses et autres produits élaborés). La société a réagi en assurant de sa «bonne foi». «Il y a une enquête en cours qui déterminera les éventuels erreurs et manquements», selon un porte-parole.
Dès vendredi, une brigade nationale de vétérinaires ira sur place poursuivre les investigations, qui détermineront si le retrait d'agrément est définitif, a expliqué le ministre.

«Ce trafic durait depuis plusieurs mois» et a porté sur plus de 750 tonnes, dont 550 tonnes livrées à Comigel via la société luxembourgeoise Tavola située à Capellen, a raconté M. Hamon. La viande livrée par son fournisseur Spanghero était «cuisinée sans décongélation», rendant impossible «de détecter la tromperie» par sa couleur ou son odeur, et elle portait «l'estampille sanitaire française apposée par Spanghero», s'est défendu le président de Comigel, Erick Lehagre.

L’usine luxembourgeoise aurait dû être contrôlée

Spanghero, marque de la coopérative Lur Berri, propriétaire également des foies gras et du saumon Labeyrie, emploie aujourd'hui environ 360 salariés. Les autorités ont disculpé la société Comigel, qui a fabriqué les fameuses lasagnes à la viande de cheval, notamment pour Findus, avant qu'elles ne soient répandues en Europe. «Il s'agissait pour Comigel de viande de bœuf», a rapporté Benoît Hamon. La PME a été bernée. Toutefois, l'entreprise n'est pas totalement blanchie. Elle a omis «des contrôles qu'elle aurait dû opérer dans son usine luxembourgeoise», selon M. Hamon.

L'association interprofessionnelle de la viande, Interbev, a dénoncé «l'irresponsabilité des entreprises Comigel et Spanghero», «se portera partie civile et demandera réparation pour le préjudice causé à la filière». Pour rassurer les consommateurs face à ce scandale, le ministre de l'Agroalimentaire va réunir mardi pour la deuxième fois les professionnels du secteur. Il est indispensable de «devancer la législation européenne» sur l'étiquetage de l'origine des produits transformés, a dit Guillaume Garot.

«Un coup dur à toutes les filières

Aujourd'hui, la réglementation européenne impose de préciser le type d'animal utilisé dans un plat cuisiné, pas son origine. Les professionnels de l'industrie alimentaire (Ania) ont immédiatement réagi, assurant qu'ils feraient «dès la semaine prochaine» des propositions pour renforcer les contrôles existants sur les produits français. Néanmoins, pour l'Ania «cette affaire de fraude ne doit pas remettre en cause la qualité et l'excellence des produits alimentaires français» car «le système de traçabilité et de sécurité sanitaire français est l'un des plus fiables au monde».

Findus n'a pas tardé non plus à se manifester, assurant par voie de communiqué avoir pris trois mesures, dont des contrôles ADN sur tous ses lots de produits contenant du bœuf. «Cette lamentable affaire porte un coup dur à toutes les filières», a reconnu Coop de France qui représente toutes les coopératives agricoles françaises, dont Lur Berri. «Comment ne pas réfléchir et dénoncer cette course folle à la recherche des prix toujours plus bas avec la conséquence de susciter de tels risques?», demande-t-elle.

(L'essentiel Online/AFP)

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