Politique au Luxembourg – Un discours «déterminé» ou «manquant de fond»

Publié

Politique au LuxembourgUn discours «déterminé» ou «manquant de fond»

LUXEMBOURG – Le discours sur l’état de la Nation, prononcé mardi, par le Premier ministre Xavier Bettel, a été très diversement apprécié parmi les députés.

Le discours de près de deux heures tenu mardi après-midi, par Xavier Bettel, n’a laissé personne indifférent.

Le discours de près de deux heures tenu mardi après-midi, par Xavier Bettel, n’a laissé personne indifférent.

Julien Garroy

Le monologue de près de deux heures, tenu mardi après-midi, par Xavier Bettel, n’a laissé personne indifférent. À leur sortie de la grande salle du Cercle cité, où la Chambre est délocalisée le temps de la crise, les députés ont réagi au discours sur l’état de la Nation. Avec évidemment des avis très tranchés.

Comme toujours dans de telles circonstances, les membres de la majorité étaient plutôt enthousiastes. À commencer par Gilles Baum, chef de fraction DP, le parti de Bettel: «J’ai entendu le discours d’un Premier ministre engagé, déterminé à se sortir de la crise». Selon lui, le chef du gouvernement a bien fait d’insister sur l’importance de «sauvegarder les emplois». À ce titre, il a «apprécié l’annonce de prolonger le chômage partiel». «Bien sûr, en 1h50, pour aborder tous les sujets, il n’est pas possible de trop entrer dans le détail».

«Il fallait venir avec des solutions»

Membres de la coalition, les écologistes de Déi Gréng ont aussi apprécié le discours du Premier ministre, à l’image de Josée Lorsché, cheffe de fraction. Selon elle, Xavier Bettel «a abordé beaucoup de sujets, en apportant les bonnes réponses». Elle est satisfaite qu’il ait «affirmé son objectif d’une économie plus durable», par exemple sur la mobilité durable, «que nous avons déjà commencé à mettre en place». Même son de cloche du côté de Georges Engel, son homologue du LSAP: «Je suis content qu’il a dit que c’était grâce aux mesures sociales et à l’État providence que l’on a bien passé la crise. Cela nous renforce dans nos convictions».

Tout aussi peu surprenant, l’opposition s’est montrée déçue. Martine Hansen, cheffe de fraction du CSV, dénonce «un discours manquant de fond et de réponse». Selon elle, Xavier Bettel n’a fait qu’un «simple état des lieux, avec quelques éléments à court terme, mais sans présenter de stratégie». Or, elle aurait aimé qu’il trace «des perspectives pour les entreprises, une politique industrielle». Elle déplore que le problème du logement n’ait été que trop peu abordé.

Fernand Kartheiser, pour l’ADR, a l’impression d’avoir entendu «une paraphrase du programme de coalition». Comme si «le gouvernement était incapable de s’adapter à la nouvelle donne économique. Il fait preuve d’immobilisme». Bettel aurait même «essayé de banaliser les conséquences de la crise». Le Pirate Sven Clement estime que le discours manquait de substance: «Il fallait venir avec des solutions, cela manquait aujourd’hui». Enfin, Marc Baum, député déi Lénk, estime que le discours était «très très libéral». Il a noté que Bettel a parlé «plus longtemps de la place financière que du logement». «Il y a quelques mois, il se disait que rien ne serait pareil après la crise. Mais ce discours indique le contraire».

(Joseph Gaulier/L'essentiel)

Ton opinion