À DudelangeUn élève frappé et humilié, la vidéo sur Snapchat
DUDELANGE - Le Lycée Nic-Biever a tenu à réagir, après l’humiliation d’un de ses élèves dans plusieurs séquences diffusées sur le réseau social Snapchat.

Des images diffusées sur le réseau social Snapchat risquent de causer quelques problèmes à des élèves du Lycée Nic-Biever, à Dudelange.
Suite à l’humiliation et à l’agression d’un élève par des camarades de classe, visiblement à l’extérieur de l’établissement, le Lycée Nic-Biever à Dudelange s’est voulu transparent, en communiquant, mercredi midi, via le réseau social Facebook. Plusieurs séquences diffusées sur un autre réseau social, Snapchat, numéro 1 au Luxembourg, sont à l’origine de cette affaire et deux élèves impliqués ont d’ores et déjà été interrogés par la police grand-ducale.
«Ce n’est pas trop tôt», a souligné un parent concerné, lui aussi, par le passé par des cas identiques de «mobbing» dans l’établissement. «Avez-vous réagi car les séquences vidéo sont devenues virales?», a-t-il même ajouté, en s’adressant à la direction. «J’ai été choqué par ces images et j’espère que des sanctions disciplinaires tomberont. Il faut également apporter de l’aide à la victime», a espéré un autre parent.
Moqueries et violence
Celles et ceux qui ont pu visionner la vidéo parlent d’humiliation et regrettent que d’autres élèves aient préféré rire et se moquer de la situation plutôt que d’intervenir. «L’intimidation et la violence n’ont pas lieu d’être dans le milieu scolaire, il faut que cela cesse», peut-on encore lire sous le post Facebook de l’établissement. «Cela dure depuis longtemps et on a l’impression que le Lycée réagit à présent, suite à la diffusion de la vidéo». D’autres témoins des faits évoquent des propos haineux invitant à la violence physique.

En visionnant les images diffusées par plusieurs jeunes, sur le réseau social Snapchat, on peut remarquer que l’adolescent, victime de railleries et de coups, a tout d’abord dû s’agenouiller, sous la pression d’autres, pour refaire les lacets des baskets d’un autre adolescent, pourtant beaucoup plus petit que lui. Des rires moqueurs sont audibles et on peut aussi constater qu’une dizaine des jeunes regardaient la scène sans intervenir au croisement de plusieurs rues. Sur une autre séquence beaucoup plus violente, on voit un troisième adolescent venir balayer sans crier gare la victime par l’arrière, en lui donnant un gros coup de pied au niveau du genou gauche. Un geste très violent qui, lui non plus, ne suscite pas de vives réactions auprès des autres élèves.
«On filme tout et n'importe quoi»
«Ce qui est arrivé est choquant», reconnaît une élève de 3e du Lycée Nic-Biever, interrogée sur place par L'essentiel, mais je dois dire que ce jeudi, la vie a repris normalement au sein de l’établissement, même si bien sûr tout le monde en parle. Je connais l’élève victime du harcèlement, c’est un très gentil garçon, il n’a jamais rien demandé, et maintenant il veut de l’aide après ce qui lui est arrivé». «Malheureusement, je ne suis pas surprise par ce qu'il s'est passé», embraye une élève de 5e.«C’est quelque chose que l’on sentait arriver, car les jeunes, aujourd’hui, n’ont plus le moindre respect pour autrui».
«Et ce n’est pas un hasard que cela soit relayé sur les réseaux sociaux», reprend une autre élève, de 3e année, qui avoue ne pas connaître l’élève au centre du scandale. «Nous, les jeunes, sommes constamment sur nos téléphones, on filme tout et n’importe quoi et c’est devenu une chose normale». «Surtout, reprend l’élève de 5e, je trouve que la direction a très bien réagi». Un avis partagé par une enseignante du Lycée Nic-Biever: «Peu de directions d’écoles auraient eu le cran de prendre position de façon aussi claire, nette et sans équivoque».

(Jean-François Colin/Frédéric Lambert / L'essentiel )