Budget 2018«Une situation angélique du Luxembourg»
LUXEMBOURG - Les députés de la Chambre ont immédiatement réagi, après la présentation du budget 2018 par Pierre Gramegna. Les sentiments sont bien sûr mitigés.

Claude Wiseler, chef de file du CSV pour les prochaines législatives, estime que le gouvernement actuel laisse le prochain «redresser la barre».
Editpress/Fabrizio PizzolanteAprès la présentation du budget 2018, les députés n'ont pas tardé à exprimer leur ressenti. Les ténors de la majorité se sont évidemment réjoui, à l'image d'Eugène Berger (DP): «C'est un budget dans la continuité. Et comme l'a souligné le ministre, il est pensé pour les générations futures. Des investissements conséquents seront réalisés dans les écoles, la jeunesse, la famille et le défi de la digitalisation. Cette coalition est parvenue à assainir les finances publiques sans avoir recours à une politique d'austérité notamment en ficelant une réforme fiscale au bénéfice des administrés».
Même son de cloche du côté de Viviane Loschetter, cheffe de fraction Déi Gréng. Elle se réjouit que «les investissements soient maintenus à un très haut niveau, près de 2,4 milliards d'euros». Selon elle, l'écologie n'a pas été oubliée. «Le ministre a annoncé un doublement des investissements durables à caractère écologique afin de rattraper notre retard en la matière. Ensuite, je constate une augmentation des investissements dans la recherche de 22% dans l'une des seules matières premières du Luxembourg, la matière grise. C'est très positif».
«Il faut passer à une croissance qualitative»
Du côté de l'opposition, Claude Wiseler, chef de fraction du CSV et chef de file de son parti lors des législatives l'an prochain, a estimé que le ministre des Finances, Pierre Gramegna (DP) avait «présenté une situation angélique du Luxembourg et de ses finances, en occultant les problèmes à venir». Il déplore que même avec «une croissance à 5% par an, le gouvernement maintienne un déficit de 900 millions». «Si on ne fait pas des économies dans cette conjoncture positive, alors quand? Je constate aussi que toutes les réductions du déficit et de la dette sont repoussées à 2019. C'est donc le prochain gouvernement qui est censé rétablir la barre».
Gast Gibéryen, député ADR, pense que «tous les problèmes que connaît le Luxembourg, comme le logement, la mobilité ou encore l'intégration sont la conséquence d'une croissance débridée». Or, selon lui, «il faudrait qu'enfin on franchisse le pas de passer d'une croissance quantitative à une croissance qualitative. Mais ce gouvernement continue de miser sur une croissance record. Mais si l'on crée chaque année 15 000 emplois, la pression sur le coût du logement va se poursuivre. En plus, on fera encore venir 8 000 voitures de plus, c'est à dire qu'il faudrait au minimum 50 km de routes de plus chaque année pour les absorber. Il faut faire des choix quant à la croissance que le Luxembourg souhaite».
Enfin, David Wagner (Déi Lénk), «constate que le ministre a fait une récapitulation des échecs du gouvernement depuis 2013, ou une série d'annonces pas très intéressantes». Son parti «conteste fondamentalement cette logique de solde structurel qui mène l'Europe droit dans le mur, a-t-il rappelé. Je pense que cette fois encore l'opposition chrétienne-sociale et le gouvernement vont se chamailler pour savoir qui fait la meilleure politique d'austérité. Et puis il reste une question cruciale à aborder, c'est-à-dire celle de l'emprunt».
(Patrick Théry/L'essentiel)