Philippot à Schengen«Vous avez trois minutes pour faire votre cinéma»
SCHENGEN - Le vice-président du FN, Florian Philippot, était samedi à Schengen pour y déposer une gerbe en mémoire des accords du même nom. Un accueil hostile lui a été réservé.

Florian Philippot a vu ses projets contrecarrés ce samedi à Schengen. Alors que le vice-président du Front national comptait déposer une gerbe de fleurs «à la mémoire de la libre circulation», afin de «célébrer le retour des frontières nationales au sein de l’Union Européenne», il a dû faire face à un comité d'accueil hostile.
Près de 60 personnes se sont mobilisées pour s'opposer à l'initiative du leader frontiste, suite à un appel sur Facebook. Parmi elles figuraient notamment le socialiste Robert Goebbels, le bourgmestre de Rosport, Romain Osweiler (CSV) ou encore le conseiller communal de la ville de Luxembourg, Tom Krieps.
«Une action politique méprisable»
«J'ai dit à M. Philippot qu'il abusait de la liberté de circulation pour venir déposer une gerbe à Schengen», a expliqué Robert Goebbels, joint par L'essentiel. «C'est une action politique méprisable, qui démontre bien la fourberie du personnage et de son parti politique».
Si le vice-président du Front national a finalement réussi à déposer ses fleurs au pied de la stèle, elles n'y sont pas restées longtemps. «Vous avez trois minutes pour faire votre cinéma et après nous nettoyons tout», l'a prévenu Ben Homan, bourgmestre de Schengen, avant de joindre le geste à la parole.
«Un acte provocateur et cynique»
Samedi après-midi, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, a condamné l’initiative de Florian Philippot, la qualifiant «d’acte provocateur et cynique». Pour le ministre, «les accords de Schengen font partie de l’acquis européen et la libre circulation est une des libertés fondamentales inscrite dans les traités».
Dans un communiqué, Jean Asselborn a précisé que la réintroduction de contrôles aux frontières communes entre certains pays, dans le cadre de la crise migratoire, ne peut être que «ponctuelle et temporaire» et elle doit se faire «en conformité avec les traités».
(pp/L'essentiel)